Politique 02/12/2020

Covid-19: rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale viral

by Jean Cousin

Eric Ciotti, rapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la crise du Covid-19, en a présenté ce matin le rapport. Ce fut le début d’une journée riche en rebondissements. Initialement, ce rapport ne devait pas être dévoilé. La volonté des députés LR de transmettre l’information a conduit à une situation toute autre. Les députés de la majorité n’avait donc plus vraiment, ce matin, d’autre choix que de voter pour le rapport. En cas de vote négatif, les députés n’auraient pu éviter que le rapport ne soit officialisé. Celui-ci met en exergue les défaillances de l’action gouvernementale, et en particulier celle de l’administration du ministère de la Santé. La gestion de la crise n’a pas été effectuée de façon optimale.

En début d’après midi, Le Journal du Dimanche a mis en ligne le rapport in extenso. Une trentaine de causes ont été identifiées, dont le désinvestissement de l’État, et l’absence de stock particulièrement criant de masques. Aujourd’hui, assurément, la situation n’est plus la même : les stocks de masques ont été reconstitués. Il n’en demeure pas moins que, malgré les démentis affichés par Erici Ciotti qui affirme ne vouloir qu’analyser les difficultés et des erreurs structurelles dont certaines datent des années 2010. En réalité, c’est bien le pouvoir politique qui est mis en cause dans la gestion de cette première vague de Covid-19, le gouvernement et aussi l’Élysée, les affirmations de son service de communication, en particulier celles de son porte-parole Sibeth Ndiaye. Le port du masque fut initialement jugé inutile. Une non-nécessité du port du masque totalement contredite par les décisions qui en imposèrent le port permanent quelques semaines plus tard. Il est certain que, lors de la première vague, la gestion de la pandémie est apparue catastrophique à la majorité des Français.

Mais pour Emmanuel Macron, il n’est pas certain que le prix politique en soit très important. Les sondages indiquent une côte de popularité solide. Il n’est pas non plus certain que le rapport de cette commission, tout aussi sévère qu’il soit, puisse devenir le talon d’Achille du Président de la République lors de l’échéance électorale de 2022. Face au tsunami permanent auquel ils sont soumis, le gouvernement et l’Élysée tentent de reprendre la main. Le rythme est soutenu, si ce n’est infernal. Le deuxième confinement est marqué par une succession de résultats inégaux : la gestion malheureuse des commerces autorisés à être ouverts, les attaques terroristes, des résultats économiques en chute libre, l’augmentation du nombre de chômeurs, la gestion difficile des stations de sport d’hiver, l’affaire Blanquer et le syndicat d’étudiants sous contrôle et subventions, la gestion de l’article 24 sur la nouvelle loi de protection des forces de Police, les excès commis lors de l’intervention de forces de l’ordre, une politique étrangère sans grand succès. Mais Emmanuel Macron garde le cap.

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