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Des Pandas aux Portes du Plaza Athénée

novembre 18, 2012 Art & Culture, Exposition No Comments

Des Pandas gardent l’entrée  du Plaza Athénée, opération originale de relation publique, ces oeuvres monumentale de l’artiste Julien Marinetti, sont présent grâce à François Delahaye Directeur des hôtels de la collection Dorchester, et au galiériste  Robert Bartoux.

L’artiste Julien Marinetti est le créateur de Doggy John, bulldog sculpté et peint qui illustre sa vision « expressionisme abstrait et néo cubisme » , mais qui s’appuye aussi  sur ses oeuvres tels Teddybear, ses Crânes, parmi ses  créations nombreuses car Julien Marinetti à l’image de Picasso qu’il admire est extrémement prolixe, en produisant  jusqu’à 700 œuvres par an « toujours systématiquement différentes, toujours uniques ».

Mais au-delà de cet événement le parcours du galliériste Roger Bartroux créateur de l’événement attaché aux choses de la culture, illustre cet engouement pour l’art.

Qu’elles sont vos débuts en tant que galiériste ?

Ce métier, je suis tombé dedans quand j’étais tout petit…

Mon père, Roger André BARTOUX était un éditeur d’Art réputé et un bibliophile éclairé qui démarra sa carrière dans l’édition de livres de luxe en 1958.

Il travailla avec des Artistes tels que Picasso, Dali, Chagall, Foujita et tant d’autres…

A l’âge de 7 ans, je sautais sur les genoux de Salvador DALI  lors de la présentation du livre les ‘Chevaliers de l’Apocalypse’ présenté par son éditeur Joseph FORET à l’Hôtel NEGRESCO à Nice.

Suite à cette première rencontre artistique, qui fut pour moi une véritable révélation   – quand je serai grand…je voulais les mêmes moustaches, une cape de velours rouge, une chemise de mousquetaire et une canne au pommeau d’argent comme mon idole… –

Je dus tout de même attendre mes 18 ans pour rejoindre le sérail familial (sans les moustaches tout compte fait) où mes 2 frères m’avaient précédé , afin de participer aux éditions familiales et surtout à la vente de livres d’Art par courtage.

De 18 à 25 ans, j’ai sillonné la France entière, faisant du porte à porte afin de présenter et vendre les livres d’Art à la clientèle…

Puis le marché du livre de bibliophilie a malheureusement commencé à disparaître, faute de clients.

Nous nous sommes alors lancés, mes frères et moi, avec un certain succès, dans l’édition et la vente de lithographies originales de DALI, bien entendu, mais également de tous les Artistes des années 80 à 90, Yves BRAYER, Claude WEISBUCH, Louis TOFFOLI, Jean-Baptiste VALADIE…

J’ai alors parcouru l’Europe entière, de salon en salon, tout en réalisant de nombreuses expositions dans des lieux aussi improbables que les allées des centres commerciaux de la banlieue parisienne, les aéroports, les gares,  le métro…

Tout naturellement, après la lithographie, nous nous sommes dirigés petit à petit vers la peinture.

C’est en 1993 que mon épouse et moi-même avons quitté le centre de la France pour nous installer à Honfleur où nous avons ouvert notre première galerie d’Art.

Le succès fut immédiat, dans un esprit qui était déjà le nôtre d’une certaine démocratisation du marché de l’Art, à l’inverse de ce qui se passait à l’époque à Paris, où les galeries d’Art étaient des espaces souvent muséaux, réservés à une élite très parisienne.

Cela nous a porté chance, puisque 20 ans après nous nous apprêtons à ouvrir notre 15ème galerie d’Art, le 6 décembre, à Singapour.

Pourquoi des pandas ?

Oui, en quelques sorte, l’idée des Pandas est le fruit d’une réflexion entre Julien MARINETTI, Artiste déjà fort renommé pour la création du célèbre DOGGY JOHN, et l’un de nos collectionneurs originaire de Singapour.

Alors que nous avions organisé une visite de l’atelier de Julien pour une délégation de l’état de Singapour naquit l’idée de créer un Panda.

Julien MARINETTI et moi-même sommes très proches et nous échangeons énormément.

Il nous est alors venu immédiatement à l’esprit que la France venait de recevoir deux pandas en provenance de Chine et plus particulièrement de la ville de CHENG-DU, mère patrie de ce sympathique et emblématique animal.

Julien se mit immédiatement au travail et avec une précision quasi divine créa un panda dont l’esprit, comme vous avez pu le voir, était complètement  dans l’idée et la représentation de l’animal vénéré par nos amis chinois.

Une fois l’animal réalisé et peint par Julien Marinetti, nous avons fait parvenir un dossier à la ville de Cheng-du, leur faisant part de notre volonté de créer autour de cet animal de légende une œuvre d’Art contemporaine, surprenante et décalée, comme sait si bien le faire Julien.

Leur réaction fut immédiate ; s’en suivit la commande de 4 pièces monumentales, 2,70m et 2,40m pour le papa et la maman, 1,50m pour les « petits ».

Commande exécutée en un temps record par nos fondeurs et par l’Artiste.

L’installation fut réalisée fin juillet 2012 au cœur de la ville de Cheng-Du, devant un nouveau complexe immobilier d’exception appelé ‘rafles city’(photo jointe).

Oui, en quelques sorte, le panda de Julien Marinetti sera notre « emblème » pour ce marché asiatique qui s’offre à nous.

Il sera à l’Asie ce que le Doggy John est à l’Europe.

Son succès est remarquable et s’inscrit d’ores et déjà dans les annales de l’histoire de l’Art Contemporain.

Qu’elle est votre point de vue sur le marché de  l’Art chinois ?

Le marché de l’Art chinois tel que nous l’imaginons n’a pas encore réellement commencé, du moins pour les artistes occidentaux, en dehors de lieux tel que HONG-KONG.

Ce marché est très difficile à pénétrer ; beaucoup de difficultés pour exporter des œuvres d’Art en Chine, taxes d’importation dissuasives, difficulté également d’exporter notre ‘culture’ artistique.

Même si, bien évidemment quelques riches collectionneur chinois ont d’ores et déjà constitué d’importantes collections, il n’en demeure pas moins pour le moment un marché « confidentiel » en ce qui concerne « nos » Artistes occidentaux.

 

Par contre, il existe d’ores et déjà sur le marché chinois une génération d’Artistes époustouflante, emprunte à la fois d’une dextérité technique étonnante et d’une inspiration des plus exceptionnelles.

Quelques Artistes sont déjà connus sur le territoire français, tels que Zeng FENZHI pour ne citer que lui, mais ce marché est très vivace. Il suffit de visiter le quartier Art district de Pékin pour se rendre compte de l’énergie et de l’effervescence de ce marché.

J’ai personnellement visité plus de 20 ateliers d’Artistes, des centaines de galeries…

Ce marché est prêt à exploser.

Comment voyez-vous les orientation du marché de l’Art chinois dans les années à venir

Les Artistes vendent déjà très bien et à bon prix mais ce n’est rien, comparé aux 4 à 5 années à venir.

Peu d’Artistes européens parviendront à  pénétrer ce marché, tant le niveau est élevé.

Il va falloir une énergie et un talent comme ceux de Julien Marinetti pour y parvenir.

Par contre il est certain que les Artistes chinois vont déferler dans peu de temps dans les galeries et salons d’Art européens, et très franchement cela apportera une grande fraicheur à un marché qui a tendance à se scléroser et se répéter un peu trop.

Comme tout grand pays qui se développe, le marché de l’Art suivra le mouvement dans les pas du marché du luxe.

Il suffit de voir le niveau d’investissement des grandes enseignes du luxe en Chine pour appréhender ce qui va se passer d’ici peu avec le marché de l’Art.

Les chinois auront bientôt fait le plein de montres de luxe et autres objets symboles d’une certaine réussite sociale.

Ils vont donc naturellement commencer à passer au stade supérieur, avec une démarche plus intimiste, plus personnelle,  moins démonstrative, en se tournant de plus en plus vers l’acquisition d’œuvres d’Art.

Nous avons vécu cela avec la clientèle russe qui, il y a 10 ans ou presque, a commencé à acheter des œuvres d’Art aux galeries européennes, pour en devenir petit a petit leurs meilleurs clients.

Les chinois suivront le même mouvement, mais ils investiront d’abord sur des Artistes de leur monde, et de vous à moi, au travers de ce que j’ai vu en Chine, ils n’auront pas complètement tort.

Il y a tout de même une belle carte à jouer pour les Artistes occidentaux en Chine et pour les galeristes françaises, mais il va falloir être au niveau et la barre est déjà très haut placée.

Et en ce qui concerne l’évolution du marché de l’Art européen

Le marché de l’Art européen reste, à mon sens, excellent. Il suffit de se rendre dans les salles de ventes parisiennes et londoniennes pour en constater la vivacité.

Les œuvres, les belles œuvres, s’arrachent à des prix qui parfois dépassent l’entendement.

Les estimations les plus optimistes sont régulièrement dépassées ; à ce niveau-là, n’y a aucun souci.

Même des Artistes comme Robert COMBAS explosent actuellement en salles de ventes, de même que les prints du mouvement Pop Art et certains jeunes Artistes de talent.

Je suis personnellement très confiant.

Ma seule inquiétude n’est pas de me dire si en tant que galeristes nous allons trouver des clients, mais plutôt de savoir si les acteurs principaux du marché de l’Art que sont les Artistes seront toujours bien présents.

Je déplore qu’il y ait malheureusement de moins en moins de ‘peintres’ au sens propre du terme. J’entends par là des Artistes capables de ‘manier’ avec talent huiles, pinceaux et toiles.

On voit apparaître un peu partout des compositions ‘numériques’, du collage, du pseudo Pop ou Street Art , un effet de mode, un système,  alors que , et c’est un paradoxe, nous avons actuellement une génération d’Artistes quadra talentueux qui n’osent peut-être pas assez, qui sont trop dans la répétition de codes entendus et attendus en tout premier lieu par les galeries et qui cherchent un peu trop à surfer sur un effet de mode qui malheureusement nous entraîne à voir toujours à peu près la même chose.

D’où un retour en force sur le marché de vraies valeurs comme les grands Pop des années 80.

Je suis néanmoins plutôt optimiste; ayant connu au début de ma carrière des Artistes des années 80 à 90 qui ont presque tous disparu des écrans radars, je trouve la génération actuelle bien plus talentueuse ; il en restera forcément quelque chose. La réponse est entre les mains des Artistes de notre temps.

Evitons que nos galeries ne deviennent des officines réservées à l’antiquité du marché de l’Art.

Il faut aussi que les galeristes  – je n’aime pas le terme de ‘marchand d’art’ – jouent leur rôle, prennent quelques vrais risques et soutiennent les jeunes talents.

 

Dans ce contexte de crise, le marché de l’Art peut parfaitement bien résister, valeur refuge certes, mais il se doit avant tout d’être une invitation au rêve, au voyage, à la découverte…Personnellement, j’en suis, si j’ai bien suivi, à ma 3ème crise en presque trente ans de carrière. Alors, même plus peur !

Jean Cousin

Forks magazine © Forks 2012

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