Art & Culture, Movies, Video 27/11/2018

Kinopolska 2018: un centenaire et un grand cru polonais

by Rédaction

Le festival de film polonais  qui s’est tenu à Paris en novembre pour la onzième fois consécutive  est organisé par l’Institut Polonais de Paris. Mais l’édition de 2018 signe aussi le centenaire du recouvrement de l’ indépendance de la Pologne. Une indépendance après une longue période de plus d’un siècle où la langue et la culture polonaise avaient été l’objet d’ une interdiction totale.

Les objectifs de l’événement sont doubles : faire revivre les chefs-d’oeuvre du cinéma polonais et les inédits de grands réalisateurs, tout en programmant l’actualité de la production cinématographique contemporaine à travers une compétition de six longs métrages de fiction.

De surcroît, cette année, les réalisatrices sont à l’honneur, en particulier avec la projection du dernier film d’Ursula Antoniak, Beyond Words, en soirée de clôture. Ce film dresse la fresque ambiguë de la vie d’un avocat dans un grand cabinet, jeune, beau, parfaitement intégré. Mais la ré-apparition de son père officiellement décédé va représenter un début de rupture. Sa parfaite intégration doublée de cette interrogation liée à ses origines créent chez lui un malaise. Lentement son passé refoulé au plus profond de son être d’immigré polonais à Berlin réapparaît, et fissure progressivement son image initiale d’ Allemand parfait.

Après le film nous avons rencontré la réalisatrice Ursula Antoniak sur laquelle nous avions déjà réalisé, lors du Festival de Cannes l’interview d’Ursula Antoniak et de son actrice principale lors de la présentation de son dernier film d’alors, Code Blue (ci-dessous). Apres la projection de son nouveau film, Beyond Words, elle nous a confié qu’en tant qu’immigrée polonaise au Pays-Bas,  elle eut d’abord le sentiment d’avoir parfaitement acquis les codes et la langue de son nouveau pays. Mais passée cette période, elle finit par prendre conscience qu’elle ne quittait pas aux yeux des hollandais son statut d’immigrée polonaise.

Autre oeuvre sélectionnée: un documentaire sur Magarita Mamum, Over the Limit, un film de Marta Plus.  Réalisé sans voix off,  le film suit les entrainements de la gymnase, ses réussites, ses difficultés, les brimades exercées par les entraineuses, avant la consécration aux jeux Olympiques de 2016. Un film dur où l’on voit toute la cruauté du management des athlètes de haut-niveau en Russie.













 

l’interview d’Ursula Antoniak et de son actrice principale lors de la présentation de son dernier film d’alors Code Blue





GRAND PRIX
SILENT NIGHT / Cicha noc de Piotr Domalewski

Adam rentre des Pays-Bas où il travaille, pour célébrer en famille le réveillon de Noël. Mais le dîner est loin de se dérouler comme prévu…

Un film qui pose un regard sur la question de l’exil en la confrontant à la réalité de la Pologne rurale. Ce premier long métrage porte toute son attention aux personnages incarnés par des comédiens dirigés avec justesse.

MENTION SPÉCIALE

TOWER. A BRIGHT DAY / Wieża. Jasny Dzień

de Jagoda Szelc

Mula vit à la campagne. Juste avant que sa fille ne fasse sa première communion, sa sœur Kaja revient pour la première fois depuis des années. Mula a ses raisons d’avoir peur de Kaja.

Jagoda Szelc est une cinéaste prometteuse qui a su prendre des risques. Le jury souhaite souligner cette audace dans l’écriture et la mise en scène.

PRIX DU PUBLIC

NINA d’Olga Chajdas

Nina est professeure de français, son mari gère un garage automobile. Depuis longtemps, ils ne parviennent plus à échanger leurs sentiments. Une même jeune femme rencontrée par chacun des deux pourra t-elle changer cette implacable habitude ?

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