Economie 01/04/2014

La déflation: spectre ou réalité dans la zone Euro en 2014?

by Rédaction

Nous nous trouvons dans une période charnière pour l’analyse des conséquences des derniers chiffres liés à une baisse régulière et prononcée de l’inflation dans la zone de l’OCDE. En effet l’inflation annuelle dans la zone OCDE baisse à 1.4% en février 2014. Entre février 2013 et février 2014 les prix à la consommation ont augmenté de 1.4% dans la zone OCDE, en comparaison au 1.7% entre janvier 2013 et janvier 2014. Ce recul de l’inflation annuelle est principalement la conséquence d’un ralentissement des prix de l’énergie, qui ont baissé en glissement annuel de 0.4% en février, après avoir augmenté de 2.1% en janvier 2014. L’inflation annuelle de l’alimentation a augmenté légèrement en glissement annuel à 1.6% en février comparé au 1.5% en janvier 2014. Hors alimentation et énergie, l’inflation annuelle dans la zone OCDE a été stable pour le quatrième mois consécutif à 1.6% en février.Concrètement, pour la zone euro cela contredit la vision du directeur de la BCE Mario Draghi , toujours confiant en son analyse de ne pas modifier la politique qu’il a mise en place, en considérant que nous sommes dans un cycle d’inflation contrôlée et basse, et non dans une situation nous menant tout droit à la déflation.

Or quelles sont les conséquences de la déflation?  De prime abord au nombre des avantages figurerait une baisse des prix, et donc initialement une augmentation du pouvoir d’achat des consommateurs. Mais cela peut entrainer par ailleurs, un attentisme des consommateurs anticipant de nouvelles baisses de prix, de là une perte d’activité caractérisée par un moindre investissement des sociétés et une augmentation du chômage.
Toutefois les analyses divergent sur  deux points fondamentaux. Le premier réside dans la conduite à tenir : assouplissement monétaire à l’image de la Réserve fédérale (Fed) à  Washington, et, à Londres, de la Banque d’Angleterre (BoE),  qui s’opposent par leur action à la politique beaucoup plus stricte de la BCE. Le second concerne  la façon d’analyser les causes de celle-ci. Car s’ il ne s’agit pas d’un réajustement conjoncturel, cette situation inédite serait elle due aux conséquences de l’effet de la volonté d’orienter vers un alignement des salaires européens sur ceux des pays émergents afin de gommer le fameux écart de compétitivité mondiale.
En ne modifiant pas ce dogme sur les salaires, la BCE doit , lors de sa réunion mensuelle du jeudi 3 avril, mieux définir sa position avec pour corollaire, à minima,  changer sa politique monétaire dans les mois qui viennent. Car initialement les objectifs de contrôle de l’inflation étaient fixés à 2,2% annuels par la BCE, or à 1,4% la persistance de la réduction de l’inflation  s’est déjà fortement éloignée des objectifs initiaux. Cette situation appelle  des mesures  immédiates. Nous ne pouvons attendre que l’inflation de la zone OCDE  soit  à 0,5%  d’ici à  2015, c’est à dire d’être aux portes certaines de la déflation.

Forks Magazine 2014

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