Willy Ronis à la Monnaie de Paris

by Rédaction

Sous l’égide du Jeu de Paume une superbe exposition de Willy Ronis qui supervisa d’ailleurs une grande partie de sa préparation jusqu’à sa mort en septembre 2009. Celle-ci devait être initialement réalisée lors de ses cent ans.

Willy Ronis a donc supervisé l’ensemble, tant en ce qui concerne la thématique et le travail sur les tirages issus du fond  conservé par la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, remis à la France sous forme de donation,  que pour d’autres spécifiquement retirés sous l’oeil aiguisé du photographe.

Que dire de l’oeuvre de Willy Ronis? Elle couvre une grande période, ses premiers clichés remontent à la fin des années 20.

Photographe politiquement engagé puisqu’il fut de 1945 jusqu’au milieu des années 80 membre du Parti Communiste, il couvrit IMG_1583pendant de nombreuses années beaucoup de sujets sociaux.

Les principales étapes de son travail fixent les conflits sociaux chez Citroën,  des grands reportages pour Point de Vue, L’écran français, Life, Regard, puis Vogueet Photo-Reportage.

L’organisation de l’exposition s’articule autour de cinq grands axes: la rue, le travail, les voyages, le corps et sa propre biographie.

A la suite de la seconde guerre mondiale a vision de Willy Ronis s’établit dans une ligne humaniste partagée par de nombreux autres photographes comme Henry Cartier Bresson, Robert Doisneau, René-Jacques. Il met en avant des situations soit de la condition ouvrière avec par exemple le travail à l’usine, les mines de charbon, les vacances ou la vie quotidienne.

Mais ce qui donne à cette oeuvre une identité toute particulière c’est la ligne directrice qui a constamment prévalu: c’est la volonté chez Willy Ronis de préserver son droit de regard sur les cadrages de ses photographies et sur leurs légendes. Et si cette volonté de perfection et d’indépendance ne lui permit pas, dans les années 70, de connaître les retombées que la qualité de son travail méritait, elle suscita, dans les années 80,  un fantastique renversement de son « audience». Dès lors Willy Ronis participe à un long métrage intitulé «Voyage de la Rose» sous la direction de Patrick Barbéris. Il est invité d’honneur aux XI ème Rencontres internationales de la Photographie d’Arles, puis en 1981 reçoit le prix Nadar pour son livre «Sur le fil du hasard». En 1983 un nouveau livre  lui est consacré: «I grandi fotografi; 1985 est l’année de sa grande Rétrospective au Palais de Tokyo, et puis les expositions se succèdèrent à New York, Moscou et Bologne. Il fut, pour finir cette décennie d’honneurs, fait Chevalier de la Légion d’honneur.

Cette exposition peut donc être considérée comme l’aboutissement de la vison de Willy Ronis, bien qu’il aimât à dire «C’est la perception du temps fort qui commande le déclic, cet instant où nous estimons, au terme d’un rapide balayage du champ couvert par le viseur, que nous tenons, rassemblées dans une composition idéale, les diverses figures articulant ce ballet dont le chorégraphe, souvent génial, a pour nom le Hasard».

Interview de Nathalie Neumann:

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