News, Politique 06/12/2016

« Alea jacta est » Manuel Valls est Candidat

by Rédaction

« Je suis candidat aux élections présidentielles ». C’est par ces mots que Manuel Valls, à l’Hôtel de Ville d’Evry, ce lundi 5 décembre au soir, 18h30, a choisi de montrer sa différence: il n’est pas simplement un candidat à la primaire de la Belle Alliance, il est le Premier Ministre du gouvernement.

Dans la suite de son discours, Mauel Valls énonce les points forts de sa candidature: le sens de l’Etat, sa capacité à gouverner. Il a une certitude: l’unité. Il  ébauche les grandes lignes du  sens de son programme, indique la direction des mesures sociales nécessaires, s’appuie sur le revenu universel qu’il a toujours défendu, souhaite doter la France d’une économie plus forte, prône le respect des équilibres.

manuels-valls-candidature-forks-magazineMais à cet instant, à l’image du slogan qui apparaît sur le pupitre derrière lequel il tient son discours, « Faire gagner tout ce qui nous rassemble », il semble que Manuel Valls n’ait pas vraiment anticipé la tournure que prennent les événements. A la suite de son discours les informations distillées par les proches conseillers de son cabinet, qui ont souhaité le suivre dans sa campagne, indiquent en effet que « les financements vont arriver », que « les parrainages se mettent en place », que « le directeur de la campagne va être désigné », et que « le planning de la campagne est en train d’être élaboré ». Objectivement Manuel Valls ne semblait pas être dans les starting-blocks de la primaire.

Derrière le discours et les nécessaires certitudes qui l’accompagnent, cette situation est-elle celle initialement envisagée par Manuel Valls. Crédité en effet de 5,63% aux primaires en 2011, il a patiemment et avec succès su se positionner au sein du Parti Socialiste et du gouvernement. Tout d’abord ministre de l’Intérieur, il devint, à compter de mars 2014,  Premier Ministre. Et d’adopter un style de gouvernance dynamique, déterminé, au point d’avoir, par deux fois, actionné l’article 49-3 pour vaincre les oppositions, lors de la manuel-valls-5-decembre-2016-candidature-forks-magazineprésentation aux Chambres haute et basse, les textes sur la Loi Macron et sur la Loi Travail. De fait, avant la volte-face soudaine de François Hollande, Manuel Valls occupait confortablement une place de soutien à François Hollande avec, en ligne de mire, les prochaines élections présidentielles de 2022. Sans délai, ni recours, il est brusquement propulsé en première ligne, sur le front, pour se retrouver face à ses anciens ministres Benoît Hamon (Éducation) et Arnaud Montebourg (Économie), qui avaient opportunément quitté son gouvernement par désaccord avec la politique qu’il menait en tant que Premier Ministre .

Certains pouvaient, à juste titre, se poser la question de savoir si le choix du calendrier des primaires de la Belle Alliance n’était pas plus destiné à protéger la candidature de François Hollande qu’à permettre un débat à égalité entre les candidats. Aujourd’hui, ironie du sort, le choix du calendrier invite à se demander si, pour Manuel Valls, retombé dans l’arène politique, le tempo imposé n’est pas plutôt de nature à le handicaper. Et pourra-t-il ainsi créer une dynamique électorale autour de sa candidature.
En effet, entre la trêve des confiseurs et fin janvier, date de la consultation, Manuel Valls n’aura que quelques semaines pour convaincre qu’il est devenu un homme neuf avec un programme politique aux orientations différentes, si ce n’est totalement opposé à la politique qu’il vient de mener en tant que Premier Ministre.

Jean Cousin





 

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