Economie 19/02/2021

Le Nutri-Score, un frein pour les industriels ?

by Rédaction

Le Nutri-Score, un frein pour les industriels ?

Depuis 2017, un nouvel indicateur est apparu sur les emballages de produits alimentaires : le Nutri-Score. Cet indicateur sur la valeur nutritionnelle d’un aliment a été pensé dans l’intérêt du consommateur pour plus de transparence. Mais ce système de notation présente des failles, qui permettent aux géants de l’industrie agroalimentaire de détourner la contrainte à leur avantage.

Difficile de faire son choix dans un supermarché. De nombreux produits s’affichent dans les rayons : Nesquik, Chocapic, Van Houten, Sojasun, Herta… Alignés les uns à côté des autres, ils rivalisent par l’attractivité de leurs emballages, sur lesquels figure une liste d’ingrédients peu intelligible. Tous se présentent comme les meilleurs, les plus sains, les plus allégés en sel ou en sucre, les plus riches en fibres. Mais comment faire la différence entre les bons et les mauvais produits ? Si le prix a longtemps été le premier critère du panier des ménages, aujourd’hui la qualité prime. Un nouveau repère nutritionnel a été créé en 2017 pour guider les consommateurs : le Nutri-Score.

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Un système qui gagne du terrain

Le nouvel étiquetage a d’abord été rejeté par des géants de l’agroalimentaire comme Coca-Cola, PepsiCo, Mars, Nestlé et Mondelez. Nestlé a fini par être le premier à l’afficher sur ses produits. Apposé sur 5 000 produits en 2019, puis sur 21 957 produits en 2020, le Nutri-Score gagne du terrain. Ces données sont issues des rapports 2019 et 2020 de l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali), dont la mission est le suivi global de l’offre alimentaire des produits transformés sur le marché français, en mesurant l’évolution de la qualité nutritionnelle (composition nutritionnelle et informations sur les étiquetages).

L’indicateur Nutri-Score s’appuie sur les travaux de l’équipe de Serge Hercberg – professeur à la faculté de médecine de Paris-XIII-Inserm et président du Programme national nutrition santé (PNNS) –, réalisés à la suite d’une demande du ministère des Solidarités et de la Santé auprès de l’Agence nationale de santé publique (Santé publique France). L’objectif était de rendre visible sur les emballages un système d’évaluation nutritionnelle des aliments. Le Nutri-Score permet, d’après Santé publique France, d’«informer sur la qualité nutritionnelle des produits sous une forme simplifiée et complémentaire à la déclaration nutritionnelle obligatoire (fixée par la réglementation européenne)». Il propose une échelle à cinq couleurs : du vert foncé à l’orange foncé. Associées à ce code couleur, des lettres allant de A à E visent à « optimiser son accessibilité et sa compréhension par le consommateur ». Mais dans quelle mesure cet indicateur est-il fiable ? Les industriels se plient-ils à cette contrainte de transparence ?

Albane Cousin

 

 

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